Conseil aux étudiants

penTraduction d'une réponse de Cheikh Mohammed Bazmoul
clock Audio : 13min23 | flagLangue : Arabe

Télécharger l'audio

Traduction


Question : Une personne demande : je suis un étudiant récemment admis à l’Université Islamique de Médine, quels conseils me donnez-vous ?

Réponse : Je dis : qu’Allâh te bénisse, qu’Allâh t’apporte la réussite, qu’Allâh facilite tes affaires, qu’Allâh t’aide et nous aide dans la voie de l’acquisition de la science religieuse.

La chose la plus importante que je te recommande est la suivante : tu dois corriger constamment ton intention et ta sincérité envers Allâh —élevé soit-Il—et que tu comprennes que le sens qu’on entend par « corriger l’intention » c’est de constamment la mettre en pratique. On n’entend pas dire par « corriger l’intention » : refuser l’étude de la religion musulmane jusqu’à ce que tu corriges ton intention. La preuve à laquelle on peut recourir pour démontrer cela : c’est ce que l’on rapporte des pieux prédécesseurs : Moudjâhid, Soufyân Ibn ‘Ouyayna — qu’Allâh les agrée — et d’autres ; ces prédécesseurs ont dit : « au début, nous n’avons pas cherché la science pour la Face d’Allâh, mais la science ne peut être étudiée que pour la Face d’Allâh. » Si commencer à étudier la religion requérait obligatoirement une bonne intention, ces savants n’auraient jamais commencé.
En revanche, l’homme doit continuellement recommencer la correction de son intention. Il n’y a pas de mal à associer dans l’intention quelque chose d’autre à Allah. Il n’y a pas de mal que tu dises : j’étudie pour apprendre et pour avoir un diplôme, trouver un emploi, être capable de me marier, fonder un foyer, et subvenir aux besoins de mes parents. Tout cela — si Allâh le veut — est bien.

La deuxième chose que je te recommande dans tes études c’est de tenir à être accompagné d’amis vertueux. Nous vivons, ô mon fils, dans une funeste époque, une époque où si l’homme ne prend pas garde, la maladie et les fléaux moraux peuvent l’affecter. Tu ne dois fréquenter qu’un ami pieux et vertueux. Le Prophète — prière et salut sur lui — a dit : « L’homme suit la même religion que son ami ; choisissez donc vos amis. » Les pieux prédécesseurs disaient : « nous suivons toujours nos amis ; ne cherche pas à connaître l’homme, cherche plutôt à connaitre ses amis. » Un poète a dit : « Les amis s’imitent les uns les autres. »
Le Prophète — prière et salut sur lui — a dit : « L’exemple du mauvais ami et du bon ami … » et Allâh — élevé soit-Il — a dit :

Les amis, ce jour-là, seront ennemis les uns des autres ; excepté les pieux. sourate 43, verset 67

Ainsi, tu t’efforceras d’avoir un ami vertueux. Je n’entends pas par piété le fait que l’ami accomplisse la prière, faites attention ! ni le fait de se laisser pousser la barbe, ou de porter un vêtement coupé au-dessus des chevilles ; je n’entends pas par piété le fait de jeûner le lundi et le jeudi ; je n’entends pas par piété le fait de prier la nuit, non ! non ! Toutes ces choses ne sont que bien et bénédiction.  Mais ce que j’entends par piété, c’est d’être droit sur la sounna et le manhadj (la voie prophétique). Combien de fois les jeunes se sont fait leurrer en succombant à la voie du takfîr, en se rebellant contre les gouvernants, en rendant licite le meurtre de gens qu’il est interdit de tuer, à cause de l’éducation des gens qui portent des barbes, raccourcissent leurs vêtements, font preuve de piété, prient constamment pendant la nuit, mais, comme disait le Prophète — prière et salut sur lui — : « l’un d’entre vous dédaigne sa prière devant leur prière, son jeûne face à leur jeûne, ils lisent le Coran sans qu’il dépasse leurs gosiers, mais sortent de la religion comme la flèche sort de l’arc. » Je dis : ces gens-là donnent l’apparence d’être pieux.
L’assassin du calife ‘Alî Ibn Abî Tâlib était un homme pieux qui enseignait le Coran ; il s’appelait ‘Abd Er-Rahmân Ibn Mouldjim. ‘Amr Ibn El-‘Âs— qu’Allâh l’agrée — quand il demanda au calife ‘Oumar de lui envoyer quelqu’un pour enseigner le Coran aux petits enfants, il lui dit : « je t’ai choisi ‘Abd Er-Rahmân Ibn Mouldjim même si je veux le garder auprès de moi. » Qui a témoigné de la piété de cet homme ? C’est ‘Oumar Ibn El-Khattâb. Quelle était la fin de cette histoire ? Elle s’est soldée par l’assassinat du calife ‘Ali ; cet homme a tué le meilleur homme sur terre à son époque. Quand on tua le calife ‘Alî, il était considéré comme l’homme le plus vertueux de son époque. Les Compagnons étaient unanimes à dire que le meilleur homme après le Prophète — prière et salut sur lui — était Abou Bakr, puis ‘Oumar, puis ‘Outhmân, puis, selon l’unanimité incontestée, ‘Alî. Quand ‘Outhmân, ‘Oumar et Abou Bakr décédèrent, lequel était le meilleur homme ? C’est ‘Alî. Abd Er-Rahmân Ibn Mouldjim a tué qui ? Il a tué ‘Alî, le meilleur homme qui vivait sur terre à son époque. Le meilleur fils d’Adam à cette époque-là a été tué par Abd Er-Rahmân Ibn Mouldjim, [l’enseignant du Coran]. Et son ami fit son éloge en disant :

"Ô coup d’un homme pieux par lequel
il cherche l’agrément du Détenteur du Trône."

Il lui donne le qualificatif de pieux et qu’il cherche l’agrément d’Allâh par le meurtre de ‘Alî ; un coup par lequel il tua ‘Alî Ibn AbîTâlib ; cet assassin était un enseignant de Coran recommandé par ‘Oumar Ibn El-Khattâb, et il a tué ‘Alî.
Je ne te recommande pas de choisir un ami qui porte une barbe, qui raccourcit son vêtement, qui prie longuement pendant la nuit, qui s’applique à observer les cinq prières obligatoires à la mosquée ou qui lit constamment le Coran, non ! non ! Ce sont certes de bonnes œuvres bénies ; laissons ça de côté. Mais comment est cet ami par rapport à la sounna et au manhadj. Ce point est une seconde question que je t’explique. L’université recèle un nombre important de ce genre de personnes. Prends garde. Choisis un ami qui suit la voie de la sounna et du manhadj. Un ami surnommé : Madkhalî, Djâmî, qui aime l’État, qui suit les Chouyoukh du Sultan, c’est celui-là le bon ami que tu dois chercher. Cherche un ami qui étudie chez cheikh Rabî’ El-Madkhalî [….] Je veux dire que tu dois suivre la sounna et le manhadj, et chercher un ami qui fait de même.

La troisième chose que je te recommande, c’est de préserver ton temps. Ne le perds pas ! Ton temps doit être entièrement consacré à l’étude, à l’adoration, et au repos. Ne perds pas ton temps dans des futilités. Le temps est la chose la plus précieuse à préserver.

"Les battements du cœur disent à l’homme
La vie est faite de secondes et de minutes qui se résument
Incite ton esprit à se les rappeler après leur mort
Car le rappel est une seconde vie pour l’homme"

Ne perds pas de temps ; tiens à préserver ton temps. Ce que tu as raté par le passé, tu ne peux le récupérer. Et tu ne peux pas rapprocher l’avenir. Ne perds pas le temps que tu vis actuellement ; soit tu accomplis des adorations, soit tu fais des recherches, ou une science qui te soulage le corps. Si tes parents sont encore vivants, tu peux aller les aider et les servir. Ne néglige pas ta famille. Si tu es marié, ne néglige pas ta femme. Servir ta famille, prendre soin de ton foyer, et les efforts qui tu y consens sont une adoration par laquelle tu gagnes une rétribution ; ne néglige pas ta femme, tes enfants, ton foyer ; prends garde à cela et efforce-toi à régler tes affaires.

La quatrième chose que je te recommande est la suivante : le sujet du cours doit être celui de recherches personnelles supplémentaires. Comment ça ? Supposons qu’aujourd’hui je vais étudier les versets relatifs aux lois religieuses ; les versets relatifs à l’usure ; le manuel officiel que l’enseignant nous a donné est celui d’El-Qourtoubî. Je veux étudier la science et je veux avancer dans cette science ; mais tiens à ce que les acquis supplémentaires que tu as appris soient tout d’abord liés à ce que tu as étudié. Aujourd’hui le cheikh t’a donné des cours sur« Tafsir El-Qourtoubî », essaie de compléter avec « Tafsîr Ibn Kathîr », avec « Zêd El-Massîr » d’Ibn El-Djawzî, le commentaire des versets des lois jurisprudentielles et voir ce qu’ont dit Ibn Taymiya, Ibn El-‘Arabî, et d’autres savants à propos des mêmes versets. À la fin du cycle, tu verras que tu as appris la science prodiguée par l’enseignant, mais avec un surplus de connaissances. Comme si tout au long du semestre, tu préparais et tu révisais tes cours et tu en profitais.
Je te recommande aussi pendant le cours d’observer ton enseignant. Parfois c’est un homme instruit et savant, mais le problème réside dans son manhadj. Cet enseignant prétend qu’il s’applique à respecter le manhadj, et toi tu ne demandes pas à connaître son manhadj ! Tu assistes aux cours et tu les écoutes, non ! Tu dois observer ton enseignant, au besoin, je le questionne, s’il faut que je prépare des cours, je le fais. Il faut comprendre ce dont ton enseignant a besoin pour exprimer son savoir. La science est un trésor, ses clefs sont les questions, et la science réside dans les cœurs. Après la volonté d’Allâh — élevé soit-Il —, le savant ne peut te donner de sa science que s’il a confiance en toi ; c’est pour quoi Ibn El-‘Arabî disait dans son livre « Qânoûn Et-Ta’wîl » : « Les études religieuses ne se réalisent pas par un long accompagnement des savants ; c’est plutôt une lumière qu’Allâh jette dans les cœurs. » Cette parole ressemble à l’aphorisme de l’imam Mâlik qui a dit : « Les études religieuses ne se réalisent pas par des connaissances abondantes ; c’est plutôt une lumière qu’Allâh jette dans les cœurs. » Tu peux accompagner le cheikh pendant un ou deux semestres, mais tu en sortiras avec une bonne perspicacité, car il a attiré ton attention sur divers points. Ainsi, essaie de remarquer ton enseignant ; suis les recommandations de ton cheikh ; s’il te demande de préparer un travail, fais-le. Si le cours exige de poser des questions, pose-les. Certaines problématiques nécessitent de se rapprocher un peu du cheikh afin de les résoudre ; mais n’oublie pas d’observer tes enseignants ; chaque enseignant attend certaines choses, cela n’est pas un défaut, ce n’est pas une carence. L’étudiant est plutôt remercié pour cela.
On rapporte qu’Ibn ‘Abbâs — qu’Allâh l’agrée — quand il voulait questionner Zayd Ibn Thâbit à propos d’une problématique, venait chez lui l’après-midi, il demandait à voir le cheikh (c’est-à-dire Zayd) on lui disait qu’il dormait. Ibn ‘Abbâs se reposait sur le seuil de la maison pour l’attendre. Quand l’heure de la prière d’El ‘Asr arrivait, le cheikh sortait pour prier. Ibn ‘Abbâs lui rapprochait sa monture en la guidant par sa corde ; le cheikh lui disait : « qu’est-ce que tu fais ô Ibn ‘Abbâs ? » Il lui répondait : « c’est ainsi qu’il nous est ordonné de faire avec nos savants. » Zayd descendait alors et l’embrassait en lui disant : « c’est ainsi qu’il nous est ordonné de nous comporter avec la famille du Prophète — prière et salut sur lui —. » Et comme vous le savez, Ibn ‘Abbâs est issu de la famille d’El-‘Abbâs et Âl-‘Abbâs est une famille apparentée à celle du Prophète — prière et salut sur lui —.
Donc nous finirons là-dessus, et je vous invite à lire les livres d’apprentissage de la science religieuse.


Traduit par Al Bounyane
 
gratuit

Lettre d'information

Pour recevoir nos newsletters par mail, inscrivez-vous à Al Akhbar, la newsletter d'Al Bounyane en cliquant ici !

al akhbar small

Retrouvez nos autres sites

En savoir plus sur Al Bounyane ou nous aider ? Retrouvez-nous sur le web !
Logo 80