La croyance ash'ari et son origine

penTraduction d'un texte de Cheikh Muhammad Amân Ali al Jâmî
flagLangue : Français
 
Un aperçu de la croyance ach’arite – Cheikh Mohammed Amân ibn ‘Ali al Jâmî – qu’Allah lui fasse miséricorde.

Les ach’arites sont un groupe parmi les gens du Kalâm [1].

Le terme « ach’arite » vient de Abou al Hassan al Ach’arî [2] qui fait lui-même partie de la descendance de Abou Moussa al Ach’arî, le compagnon du Prophète ﷺ.

Dans un premier temps, Abou al Hassan al Ach’arî grandit sur la voie des mou’tazilites puisque son cheikh, le mari de sa mère, épousa sa mère alors qu’il était encore petit. C’est donc cet homme, Abou ‘Ali al Joubbâ’î, le mari de sa mère, qui l’éduqua et auprès duquel il étudia. Or Abou ‘Ali al Joubbâ’î était parmi les grands mou’tazilites.

Et puisqu’un sujet en appelle un autre, la question qui mérite d’être posée est : qui sont donc les mou’tazilites ?

Les  mou’tazilites sont un groupe des gens du Kalâm qui nie tous les attributs d’Allah – élevé soit-Il – sans exception. Selon eux, le fait de nier tout défaut à Allah (at tanzîh - التنزيه) consiste à nier les attributs : Il n’a pas de pouvoir (qoudra), pas de volonté (irâda), pas d’ouïe (sam’), pas de vue (basar), pas de parole (kalâm), etc.
Telle est la voie des mou’tazilites nommés ainsi car leur leader – Wâsil ibn ‘Atâ – assistait aux assises d’Al Hassan al Basri puis s’en écarta (i’tazala). Il vint alors avec des idées nouvelles et s’écarta des musulmans dans leur croyance. Ils n’ont donc pas été appelés mou’tazilites pour s’être seulement écartés des assises d’Al Hassan al Basri, mais aussi pour s’être écartés de la croyance des musulmans sur de nombreux points.
Ils ont donc été appelés « mou’tazilites » et ils constituent un grand groupe connu.

Et si tu te demandes s’ils sont encore présents aujourd’hui, la réponse est oui !
Tout chiite est mou’tazilite.
Considérez cela comme une règle : tout chiite, en commençant par ceux qui sont les plus proches de la sounna, à savoir les chiites zaydites, jusqu’aux chiites les plus éloignés de la sounna qui sont les chiites imamites ja’farites, tous ont adopté la croyance mou’tazilite.
C’est une règle.

C’est au sein des mou’tazilites que vécut Abou al Hassan al Ach’arî pendant près de quarante ans jusqu’à succéder à son oncle paternel au rang d’imam. Mais Allah voulut qu’il soit en désaccord avec son oncle sur certaines questions comme le fait de savoir s’il est obligatoire à Allah de faire à ses serviteurs ce qui leur est le plus profitable. Abou al Hassan, par sa nature saine (al fitra), condamna notamment le fait que le serviteur dise : « il est obligatoire à Allah de faire ceci ou cela ». Il quitta donc son oncle et chercha la vérité.

Sa quête de la vérité ressemble à celle du compagnon Salmân le Perse qui délaissa l’adoration du feu (majous) pour chercher la vérité. Salmân resta alors auprès des moines chrétiens jusqu’à ce qu’Allah le guide et il rejoignit alors le messager d’Allah ﷺ à Médine.
C’est vraiment la même situation.

Abou al Hassan quitta la voie des mou’tazilites pour chercher la vérité et resta alors auprès d’une personne de Koullâb et adopta alors la croyance koullâbite. Cependant, par le fait qu’il était un imam célèbre et issu d’une noble lignée, le nom de « koullâbî » à l’origine de cette croyance fut oublié au profit de « ach’arî ».

La croyance ach’arite consiste à distinguer entre les attributs au lieu de tous les nier comme le font les mou’tazilites. Ils distinguent donc entre, d’une part, les attributs relevant de la raison qu’ils attribuent alors à Allah et, d’autre part, les attributs relevant des textes qu’ils interprètent. Telle est la voie des ach’arites.

Abou al Hassan vécu un temps avec cette croyance. Puis finalement, de la même façon que Salmân le Perse rejoignit le messager d’Allah ﷺ et fut guidé par Allah vers la vérité, de même Abou al Hassan rejoignit la voie des pieux prédécesseurs (as salaf sâlih) et écrivit un livre qu’il intitula « Al Ibâna » – livre édité et disponible – dans l’introduction duquel il affirme qu’il est sur la voie de l’imam des gens de la Sounna et du groupe (ahl as Sounna wa al jama’a) à savoir l’imam Ahmed ibn Hanbal au sujet duquel Abou al Hassan fit beaucoup d’éloges méritées. Il annonça donc son retour à la voie des pieux prédécesseurs.

Et la croyance ach’arite enseignée de nos jours dans de nombreuses universités ailleurs que dans ce pays [l’Arabie Saoudite] n’est autre que la croyance koullâbite qu’avait adoptée Abou al Hassan après s’être écarté de la croyance mou’tazilite. Ils ne cessent de démentir le contenu du livre « Al Ibâna » disant que son retour à la voie des prédécesseurs n’est pas vrai, que ce livre n’est pas de lui, que ceux qui prétendent être salafis sont les véritables auteurs de ce livre puis l’ont faussement attribué à Abou al Hassan.

Toutefois, Allah a voulu que les grands suiveurs de Abou al Hassan soient eux aussi revenus sur leur croyance. Parmi eux, l’imam al Ghazâlî [3] qui regretta jusqu’à en pleurer et écrivit un livre qu’il intitula « iljâm al ‘awâm ‘an ‘ilm al kalâm ». Et l’imam des deux lieux saints [4] , ainsi que son père [5] , et Ar-Razî [6], et Ach-Chahrastânî [7] , tous étaient de grands spécialistes de l’ach’arisme et tous ont regretté et ont dénoncé la science du Kalâm sur laquelle est basé l’ach’arisme.
Quant au père de l’imam des deux lieux saints, il a délaissé l’ach’arisme de manière claire en écrivant une épître dans laquelle il détailla sa croyance, ce qu’il croyait auparavant et comment il en est revenu. Son épître est disponible au sein du recueil intitulé « Al Moutoun al mouniriya ». A vous d’y revenir pour en savoir plus.

L’ach’arisme est donc une croyance sur laquelle était Abou al Hassan al Ach’arî avant de revenir à la voie des prédécesseurs et c’est cette croyance qui est enseignée aujourd’hui dans de nombreuses universités qu’on appelle « universités islamiques » en dehors de ce pays [l’Arabie Saoudite] comme l’université d’« Al Azhar » et ses branches ; tout ce qui est enseigné à la faculté de la Da’wa et des Fondements Religieux à l’université d’ « Al Azhar ach Charîf » et de ses dépendances n’est autre que la croyance koullâbite ach’arite dont s’est repenti Abou al Hassan al Ach’ari.

Tel est l’ach’arisme.


Cheikh Mohammed al Outhaymîn – qu’Allah lui fasse miséricorde – explique que « les gens du Kalâm » sont ceux qui se basent sur la raison (al ‘aql) pour établir la croyance (al ‘aqida) en privilégiant la raison sur les textes. Ainsi, ils soumettent les textes à la raison : si la raison accepte ce texte, alors il est accepté pour décrire les attributs d’Allah ou d’autres sujets relatifs à la croyance. Sinon, ils tentent de discréditer ce texte en le jugeant comme étant inauthentique. Et s’ils ne peuvent pas contredire l’authenticité du texte, ils en déforment le sens (tahrîf) avec des interprétations (ta’wîl) infondées.  (Résumé des paroles du cheikh http://www.ibnothaimeen.com/all/noor/article_1270.shtml)
[2] NdT : Abou al Hassan al Ach’arî, qu’Allah lui fasse miséricorde, né en 260 et mort en 324 hégirien.
[3] NdT : Abou Hâmid al Ghazâli, mort en 505 de l’Hégire.
[4] NdT : Abou al Mou’âlî ‘Abdoul Malik al Jouwaynî surnommé l’imam des deux lieux saints (imam al haramayn), mort en 478 hégirien. Il est l’auteur d’un célèbre livre sur les bases de la jurisprudence islamique connu sous le titre « Al waraqât ».
[5] NdT : Abou Mohammed ‘Abdoullah al Jouwaynî, père d’Abou al Mou’âlî, mort en 438 de l’Hégire.
[6] NdT : Fakhr ad Dîn ar Râzî, mort en 606 hégirien.
[7] NdT : Abou al Fath Mohammed Ach Chahrastânî, mort en 548 hégirien.


Source : http://www.eljame.com | Traduit par l'équipe d'Al Bounyane
http://diffusion.albounyane.com/index.php/articles/croyance-comportement/426-la-croyance-ashari-et-son-origine.html

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