Le mérite de la récitation du Coran et ses catégories

penTraduction d'un cours de Cheikh Mohammed ibn Salih al-'Uthaymin
flagLangue : Français

Louange à Allah, celui qui convie à sa porte, celui qui accorde à qui Il veut Son succès. Il nous a comblés en révélant Son Livre qui contient des prescriptions claires et des choses ambiguës. Celui qui a un égarement dans son cœur suit ses ambiguïtés, quant à celui qui est ancré dans la science, il dit : « Nous croyons en cela. »

Je le loue pour la guidée et pour en avoir facilité ses causes, et j’atteste que nul ne mérite d’être adoré en dehors d’Allah, l’Unique sans associé, un témoignage par lequel j’espère être sauvé de Sa punition. Et j’atteste que Mohammad est Son serviteur et son Messager. L’homme qui a les actions les plus parfaites du début à la fin de sa vie.  Que la prière et le salut d’Allah soient sur lui et sur son compagnon : Abou Bakr, le meilleur des compagnons ; sur ‘Omar par lequel Allah a renforcé Sa religion et qui par elle a assuré la droiture de ce bas monde ; sur ‘Othmân qui est mort en martyr dans sa maison et dans son mihrâb, ainsi que sur ‘Alî, célèbre pour avoir résolu des problèmes liés aux sciences et percé ses voiles, et sur sa famille et ses compagnons et sur ceux qui en sont les plus dignes.
Mes frères, Allah a dit (traduction relative et rapprochée du sens des versets) :

« Ceux qui récitent le livre d’Allah, accomplissent la prière, et dépensent, en secret et en public de ce que nous leur avons attribué, espèrent ainsi faire un commerce qui ne périra jamais. Afin qu’Il les récompense pleinement et leur ajoute de sa grâce. Il est Pardonneur et Reconnaissant. » (Fâtir : 29-30)

Il y a deux types de lecture du Coran : une lecture dite houkmiyya. C’est celle où l'on confirme ses informations, et où l'on exécute ses prescriptions par l’application de ses commandements et l’éloignement de ses interdits. Nous aborderons cette question dans un prochain cours si Allah nous le permet.

Et une lecture dite lafdiyya (verbale). C’est sa récitation. Et certes, il nous est parvenu beaucoup de textes sur son mérite, que ça soit sur l’ensemble du Coran ou sur une sourate ou un verset particulier. Dans Sahih Al-Boukhârî, selon ‘Othmân ibn ‘Affân – qu'Allah soit satisfait de lui -, le Prophète – que la prière et le salut d'Allah soit sur lui - a dit : « Le meilleur d’entre-vous est celui qui a appris le Coran et l’a enseigné aux autres. » Et dans les deux Sahih, selon ‘Aicha – qu'Allah soit satisfait d'elle -, le Prophète – que la prière et le salut d'Allah soit sur lui - a dit : « Celui qui excelle dans la lecture du Coran rejoindra les anges scribes, honorés et vertueux. Et celui qui peine en bafouillant dans sa lecture aura une double récompense. » Les deux récompenses : une pour sa lecture, et l’autre pour les difficultés lors de sa récitation.

Dans les deux Sahih également, selon Abou Moussa Al Ach’arî – qu'Allah soit satisfait de lui -, le Prophète – que la prière et le salut d'Allah soit sur lui - a dit : « L’image du croyant qui lit le Coran est celle du cédrat, son odeur est agréable et sa saveur est suave. L’image du croyant qui ne lit pas le Coran est celle de la datte, elle n’a pas d’odeur et son goût est savoureux » Et dans Sahih Mouslim, selon Abou Oumama – qu'Allah soit satisfait de lui -, le Prophète – que la prière et le salut d'Allah soit sur lui - a dit : « Lisez le Coran, car il viendra le jour de la résurrection comme intercesseur pour les siens. » Et encore dans Sahih Mouslim, selon ‘Oqba Ibn ‘Amir – qu'Allah soit satisfait de lui -, le Prophète – que la prière et le salut d'Allah soit sur lui - a dit : « Quand l’un d’entre vous va à la mosquée le matin et qu’il apprend ou qu’il lit deux versets du livre d’Allah, cela lui est meilleur que deux chamelles, trois versets meilleurs que trois chamelles, quatre versets meilleurs que quatre chamelles et ainsi de suite. »

Et aussi dans Sahih Mouslim, selon Abou Hourayra – qu'Allah soit satisfait de lui -, le Prophète – que la prière et le salut d'Allah soit sur lui - a dit : « Il n’y a pas un groupe de gens se réunissant dans une des maisons d’Allah, récitant le livre d’Allah et l’étudiant entre eux, sans que ne descende sur eux la sérénité, que le miséricorde ne les enveloppe, que les anges se joignent à eux et les entourent et qu’Allah ne les évoque parmi ceux qui se trouvent auprès de Lui. » Et il – que la prière et le salut d'Allah soit sur lui - a dit : « Révisez constamment le Coran, car, par Celui qui détient mon âme en Sa Main, il est plus fugace que les chameaux qui ont rompu leurs attaches. » (Al-Boukhârî et Mouslim). Et il a dit – que la prière et le salut d'Allah soit sur lui - : « Que personne d’entre vous ne dise : « j’ai oublié tel ou tel verset », car en vérité, on le lui a fait oublier. » » (Mouslim) Et ceci, car sa parole : « j’ai oublié » laisse deviner une négligence vis-à-vis de ce qu’il avait appris du Coran jusqu'à ce qu’il l’oublie.

Et selon ‘Abdellah Ibn Mas’oud – qu'Allah soit satisfait de lui -, le Prophète – que la prière et le salut d'Allah soit sur lui - a dit : « Celui qui lit une seule lettre du Coran s’inscrit une bonne action, et la bonne action a dix fois sa valeur. Je ne dis pas que Alif Lam Mim est une lettre, mais Alif est une lettre, Lâm est une lettre, et Mîm est une lettre. » (Tirmidhî). Et selon lui encore, le Prophète – que la prière et le salut d'Allah soit sur lui - a dit : « Certes, ce Coran est un festin d’Allah, répondez à ce repas comme vous le pouvez, car ce Coran est le câble rigide d’Allah, une lumière évidente, une guérison profitable, une protection pour ceux qui s’y accrochent et une sauvegarde pour celui qui le suit. Il ne dévie pas afin qu'il soit contenté, ni ne plie afin qu'il soit estimé et ses miracles ne s’épuisent pas. Le répéter fréquemment ne l'use en rien. Lisez-le, car Allah vous récompensera pour chaque lettre lue, de 10 hassanat. Je ne vous dis pas que Alif Lâm Mîm est une lettre, mais Alif est une lettre, Lâm est une lettre et Mîm est une lettre. » (Al-Hakim).

Mes frères, ceux-ci sont les mérites de la lecture du Coran. Et ces récompenses sont pour ceux qui espèrent la rétribution d’Allah et son agrément. De très grandes récompenses pour une œuvre minime. Ainsi, le lésé est celui qui la néglige, et le perdant est celui qui a laissé passer ce profit au moment où il ne put le réciter. Et ces mérites englobent tout le Coran, mais il est mentionné dans la sounna le mérite de certaines sourates précises et spécifiques.

Parmi celles-ci : Sourate Al-Fâtiha. Ainsi, il est relaté dans Sahih Al-Boukhârî, selon Abou Sa’îd ibn Al-Mou’alla – qu'Allah soit satisfait de lui - que le Prophète – que la prière et le salut d'Allah soit sur lui - lui dit : « Ne t’enseignerais-je pas la plus grandiose des sourates du Coran ? C’est « Al-hamdu li-Llahi Rabbi l’âlamîn », c’est les sept répétées et le très grand Coran qui m'a été donné. » Et il lui suffit comme mérite le fait que sa lecture est un pilier de la prière et la prière ne saurait être valide sans celle-ci. Le Prophète – que la prière et le salut d'Allah soit sur lui - a dit : « Pas de prière pour celui qui n’y récite pas l’Ouverture du Livre (sourate Al-Fâtiha). » (Al-Boukhârî et Mouslim). Et selon Abou Hourayra – qu'Allah soit satisfait de lui -, le Prophète – que la prière et le salut d'Allah soit sur lui - a dit : « Toute prière accomplit sans y réciter l’Ouverture du Livre est avortée. » Il le répéta trois fois. On dit à Abou Hourayra – qu'Allah soit satisfait de lui - : « Mais on est derrière l’imam ? » Il dit : « Lisez-la dans votre coeur ! » (Mouslim).

Et parmi ces sourates spécifiées : Sourate Al-Baqara et Âl ‘Imran. Le Prophète – que la prière et le salut d'Allah soit sur lui -a dit : «  Lisez les deux fleurs, Al Baqara et Âl ‘Imran, car elles viendront le jour de la résurrection comme deux nuages, ou deux ombres, ou comme deux groupes d’oiseaux alignés afin d’intercéder pour les siens. Lisez sourate Al Baqara, car vous y trouverez une bénédiction, et la négliger est source de tristesse. Les sorciers ne peuvent rien contre elle. » (Mouslim). Et selon Abou Hourayra – qu'Allah soit satisfait de lui - , le Prophète – que la prière et le salut d'Allah soit sur lui - a dit : « Certes, Satan n’entre pas dans une maison où est récité sourate Al-Baqara. » (Mouslim). Et ceci, car il s’y trouve le verset du Trône, et il a été affirmé par le Prophète (s) que « celui qui le lit lors de la nuit, la protection d’Allah (t) ne le quittera pas et Satan ne l’approchera pas jusqu’au matin. » Et d'après Ibn 'Abbâs – qu'Allah soit satisfait d'eux - qui relate que Djibrîl a dit alors qu'il était auprès du Prophète – que la prière et le salut d'Allah soit sur lui - : « Ceci est une porte qui a été ouverte dans le ciel et qui n'a pas été ouverte auparavant, il ajouta ; un ange alors y descendit et vint au Prophète et dit : « Réjouis-toi pour les deux lumières qui te sont données et qui n'ont pas été données à aucun prophète avant toi, l'Ouverture du Livre (Al-Fâtiha) et la fin de sourate Al-Baqara. Tu ne liras pas une lettre d'elles sans qu'il te soit donné. » (Mouslim)

Et parmi les sourates spécifiées également dans les mérites, il y a « Qoul houwa Allahou ahad ». Il est mentionné dans Sahih Al-Boukhârî, selon Abou Sa’îd Al-Khoudrî, que le Prophète - que la prière et le salut d'Allah soit sur lui - a dit à son propos : « Par celui qui détient mon âme en sa main, elle équivaut au tiers du Coran. » Et le sens de ce hadith est que son mérite équivaut au tiers du Coran et non pas qu’elle représente effectivement le tiers du coran. C’est pour cela que si quelqu’un la récite trois fois dans la prière, elle n’a pas pour autant remplacé la Fâtiha, car cela n'implique pas que lorsqu'une chose qui est équivalente à autre chose dans le mérite que cela le remplace. Ainsi, il est relaté dans Sahih Al-Boukhârî, selon Abou Ayyoub Al-Ansari – qu'Allah soit satisfait de lui -, que le Prophète – que la prière et le salut d'Allah soit sur lui - a dit : « Celui qui dit 10 fois « La ilaha illa llah wahdahou lâ charîka lah, lahou l-moulkou wa lahou l-hamdou wa houwa ‘alâ koulli chay-in qadîr », c’est comme s’il avait affranchi quatre esclaves des fils d’Ismâ'îl. » Et si avec cela quelqu'un doit affranchir quatre esclaves dus à une expiation alors le fait de dire cette invocation ne remplace pas l'affranchissement même si elle l'égale dans le mérite ».

Et parmi les sourates dont les mérites sont mentionnés, il y a les deux sourates protectrices : « Qoul a’oudhou bi Rabbi l-falaq » et « Qoul a’oudhu bi-Rabbi n-nâs ». Selon ‘Oqba Ibn ‘Amir – qu'Allah soit satisfait de lui - , le Prophète  – que la prière et le salut d'Allah soit sur lui - a dit : « N’as-tu pas vu des versets révélés cette nuit dont on n’a jamais vu de pareils ? Ce sont les deux derniers chapitres du Coran « Qoul a’oudhou bi-Rabbi l-falaq » et « Qoul a’oudhou bi-Rabbi n-nâs. » » (Mouslim). Et dans la version d’An-Nassâ-i, le Prophète – que la prière et le salut d'Allah soit sur lui - ordonna à ‘Oqba – qu'Allah soit satisfait de lui - de les lire, puis lui dit : « Un demandeur n’a pas demandé mieux que par ces deux-là, et personne n’a cherché protection mieux que par ces deux-là. »

Ainsi mes frères, faites des efforts dans la multiplication de la lecture du Coran béni surtout en ce mois durant lequel il fut révélé. Car la multiplication de sa lecture durant celui-ci a un aspect particulier. Djibrîl – que le salut d'Allah soit sur lui - faisait révisé le Coran au Prophète – que la prière et le salut d'Allah soit sur lui - chaque ramadan, et l’année où il mourut, il le fit deux fois l’appuyant et le renforçant. Et les pieux prédécesseurs multipliaient la lecture du Coran durant le ramadan, dans la prière et hors de la prière. Lorsqu’entrait le mois de ramadan, Az-Zouhri – qu'Allah lui fasse miséricorde - disait : « Ce mois-ci est pour la lecture du Coran et le don de nourriture. » Quant à Malik – qu'Allah lui fasse miséricorde -, lorsqu’arrivait le mois de ramadan, il laissait la lecture des hadiths et les cours de science afin de se consacrer à la lecture du Coran. Qatada – qu'Allah lui fasse miséricorde -, quant à lui, finissait habituellement le Coran en 7 nuits, mais pendant le ramadan, il le finissait en 3 nuits, et lors des dix derniers jours, il le finissait chaque nuit. Ibrâhîm Nakha’î – qu'Allah lui fasse miséricorde -  terminait le Coran en trois nuits durant le ramadan, et en deux nuits lors des dix derniers jours. Et Al-Aswad – qu'Allah lui fasse miséricorde - lisait le Coran en entier en deux nuits durant tout le mois.

Alors, prenez-les pour exemple qu'Allah vous fasse miséricorde et suivez leur voie, vous rejoindrez les anges purs, et profitez des moments de la nuit et du jour avec ce qui vous rapprochera du Puissant et du Pardonneur, car la durée de la vie passe rapidement et le temps passe comme s'il n’était qu’un instant de la journée.

O Allah accorde-nous la récitation de ton Livre de la façon qui te satisfait et guide-nous par lui sur les voies du salut, et par lui fais-nous sortir des ténèbres vers la lumière et fais en sorte qu'il soit une preuve pour nous et non pas contre nous, Ô seigneur des mondes !

Ô Allah, élève-nous en degré par ce Coran, et sauve-nous par lui des abîmes de l'Enfer, et expie par lui nos péchés, et pardonne-nous ainsi qu’à nos parents et l’ensemble des musulmans par ta miséricorde ô Toi le plus Miséricordieux des miséricordieux. Et que la paix et le salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed – que la prière et le salut d'Allah soit sur lui -, ainsi que sur sa famille et l’ensemble de ses compagnons.


Source : Majâlis chahr Ramadân | Traduit par l'équipe d'Al Bounyane
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